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Préparation DELF B2

B2
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Fiche pédagogique

Sans haine, ni armes, ni violence... Le casse du siècle !

"Casse du siècle" : Spaggiari

Plus de quatre décennies après l'attaque de la Société Générale à Nice, la justice pourrait rattraper in extremis le cerveau présumé de ce "casse du siècle".

Figure du milieu marseillais, Jacques Cassandri doit être jugé à partir de lundi à Marseille pour le blanchiment du magot. Le 18 juillet 1976, l'équivalent de 46 millions de francs s'évaporent de la salle des coffres de la Société Générale de Nice. "Ni coup de feu, ni violence, ni haine", fanfaronnent sur un billet laissé sur place les auteurs de ce "casse du siècle", qui fuient par le tunnel qu'ils ont creusé depuis les égouts de la ville. La justice n'a jamais mis la main sur le butin. Un seul membre du commando, Jean Megozzi, a été condamné. Longtemps considéré comme le "cerveau" du casse, Albert Spaggiari, arrêté à Nice en octobre 1976, s'évade l'année suivante du bureau du juge d'instruction. Condamné à perpétuité par contumace, il est mort sans jamais être repris. Voici son portrait extrait du hors-série spécial de Paris Match consacré aux faits divers.

Il prétendait être le cerveau du casse du siècle et il entretiendra sa légende tout au long de sa cavale.

Les aventures de ce truand flamboyant permettront aux véritables organisateurs du braquage de la société générale de Nice, en 1976, de s'en tirer à bon compte. Le juge Richard Bouaziz soupire en regardant l'épais dossier que sa greffière a déposé sur son bureau. L'affaire du casse de Nice. Un spectaculaire cambriolage de la chambre forte de l'agence de la Société générale, pendant le week-end des 17 et 18 juillet 1976, qui a rapporté aux malfaiteurs un butin estimé à 50 millions de francs (31 millions d'euros actuels). C'est moins l'importance de la somme - conséquente - que les circonstances de l'opération qui ont enflammé la presse et le public. Pour parvenir à ses fins, l'équipe de casseurs a emprunté un sinueux parcours de 3 kilomètres le long d'une rivière souterraine, aboutissant aux égouts de la ville. Puis ils ont creusé 8 mètres de tunnel jusqu'au mur en béton armé de la chambre forte, épais de 1,80 mètre. Un labeur acharné qui a duré près de trois mois pour transporter le matériel dans le dédale souterrain, réaliser le tunnel à la main, et percer l'ultime obstacle au burin. Pour le juge Bouaziz, force est de constater que si le modus operandi a été établi par la minutieuse enquête de la police judiciaire, le butin, lui, a disparu et les auteurs de ce «casse du siècle» se sont volatilisés.

Il se fait surnommer "Bert"

C'est cet homme qui attend en ce moment dans l'antichambre du juge pour une énième audience. Spaggiari a déjà avoué sa participation au casse et même revendiqué en être l'instigateur et l'organisateur. Le «cerveau». Ce titre flatteur qui le propulse à la une de la presse nationale lui vaut une certaine considération à la prison des Baumettes, à Marseille, où il est incarcéré depuis cinq mois. Interrogé par la P.J., il a d'abord nié comme il se doit, puis s'est rapidement affalé. Mieux, il s'est répandu sur cette entreprise souterraine, fournissant aux enquêteurs un luxe de détails. L'opinion publique est impressionnée par l'exploit spectaculaire du «gang des égoutiers» et par ce bandit atypique qui a signé son forfait d'une formule énigmatique, «Ni armes ni violence et sans haine», griffonnée dans la chambre forte. Arsène Lupin revisité par Céline. Il va parachever sa légende le 10 mars 1977 dans le cabinet du juge Bouaziz, où il a demandé à être entendu pour de «nouvelles révélations». Spaggiari, dit «Bert», vient de franchir une nouvelle étape vers la notoriété. La presse relate avec gourmandise l'exploit et l'opinion publique applaudit ce pied de nez accompli «sans armes ni violence» à la face des autorités impuissantes. Le Robin des bois moderne se paie le luxe d'envoyer un chèque de 5000 francs à l'infortuné propriétaire de la voiture-trampoline.

Alors que toutes les polices bloquent les frontières, contrôlent les automobilistes aux sorties de la ville et agitent leurs informateurs, Albert est tranquillement planqué à Nice. Il a des amis. Sa cavale va durer douze ans. Il y fignolera son mythe. Sollicité par les éditeurs, il écrit le roman de sa vie et récrit sa vie comme un roman. Il en sera le héros et le héraut. Car Albert Spaggiari a des prétentions littéraires. Il est l'auteur de «Les égouts du paradis» (éd. Albin Michel), en 1978. C’est un vrai roman policier, relatant à sa manière le casse de Nice.

Source : Paris Match

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